Depuis 2023, l’Échoppe a lancé de nombreuses activités pratiquées ensemble avec ses adhérents et ses bénévoles : des ateliers cuisine très appréciés, mais aussi des « expéditions » hors de Grenoble pour glaner ou cueillir des légumes et des fruits.
Le glanage est une pratique ancestrale, déjà inscrite dans la loi hébraïque (Deutéronome 24:19-22) : « Lorsque tu feras la moisson dans ton champ, si tu oublies une gerbe, ne reviens pas la chercher. Elle sera pour l’étranger, l’orphelin et la veuve. » Elle a survécu au Moyen Âge, en particulier avec le droit de mettre les cochons dans les bois au moment de la tombée des glands, pratique qui a été l’occasion de disputes sans fin entre les seigneurs et les paysans.

À notre époque, le glanage est régi par un texte de loi qui permet de ramasser, après la récolte du cultivateur, ce qui n’a pas été prélevé, dans un champ non clôturé et de jour !
Le glaneur n’est pas autorisé à revendre sa récolte. Il est recommandé de placer cette activité sous le cadre d’une convention passée avec l’agriculteur.
À noter : Le glanage se fait gratuitement quand la récolte est terminée, contrairement à la cueillette qui se fait dans une zone en cours de production et peut être payante.
Une activité utile et salutaire
Sur la proposition d’une adhérente, relayée par un bénévole, le Diaconat Protestant a souhaité explorer cette piste en se rapprochant des agriculteurs. Après une période d’étude et d’expérimentation (1er semestre 2022), nous avons décidé, notamment dans le cadre du programme gouvernemental « Mieux Manger Pour Tous », de s’organiser pour « glaner » chez les maraichers proches de Grenoble.

Nous avons distingué trois motivations pour glaner :
- Diversifier le panier alimentaire distribué à l’Échoppe
- Permettre à nos adhérents de sortir du quartier, de retrouver les sensations de la terre et ressentir le bénéfice d’une action pour les autres
- Lutter contre le gaspillage alimentaire
L’Échoppe répartit les produits glanés dans les paniers distribués.
La joie de glaner dans des lieux accueillants
Les actions de glanage ont réellement démarré à l’Échoppe en 2023, mais il est difficile de trouver des agriculteurs qui acceptent de jouer le jeu à proximité de la métropole. Le lien est plus aisé à établir en milieu rural.
L’Échoppe a persévéré pour établir des contacts avec des agriculteurs ou des maraichers pour son activité de glanage. Ainsi en 2025, un partenariat s’est développé avec le Lycée Horticole de Saint-Ismier après une visite du site par des adhérents et bénévoles de l’Échoppe qui s’est concrétisée par la signature d’une convention. Nous y avons été chaleureusement accueillis, tant par l’équipe enseignante que par les élèves.


Nous avons pu répondre ponctuellement à d’autres offres, par exemple à une proposition de la Banque Alimentaire de l’Isère pour aller glaner à Tullins. Un partenariat a débuté également ce mois de décembre avec les Potagers de Belledonne à Meylan.

De mai à décembre 2025, nous avons pu effectuer neuf temps de glanage, les mardis ou mercredis matin, en amont de notre distribution alimentaire du jeudi matin.
« C’est une joie de distribuer des légumes cueillis de nos mains, et un plaisir de cueillir des légumes pour les adhérents de la distribution », nous dit Stéphanie, salariée conquise par cette activité qu’elle organise avec des adhérents et des bénévoles.
En parallèle, nous avons organisé des cueillettes dans trois lieux : aux Jardins sans Frontières (Grenoble), à la Ferme du Grand Chemin (Charnècles) et au Jardin des Casseilles (Voreppe).
Nicolas, le maraicher, nous dit : « On est content que la surproduction soit redistribuée à ceux qui en ont besoin ».
Les cueilleurs apprécient de faire une sortie à la campagne et redécouvrent la spécificité du monde agricole.

De belles récoltes

Cette année, nous avons récolté entre 100 et 200 kilos par glanage et entre 30 et 40 kg par cueillette aux Jardins sans Frontières.
Essentiellement des légumes (par exemple, des salades, blettes, choux chinois, radis, carottes, choux de Bruxelles, choux blanc, courges…) ainsi que des pommes.
« À la distribution, il y a une bonne variété de légumes », nous dit Mme D, adhérente ravie. « On se sent utile en ramassant des légumes pour la distribution », renchérit Lansana, glaneur fidèle.
Le glanage répond ainsi aux besoins de l’Échoppe aujourd’hui, tant par les produits frais qu’il rapporte que par le grand bol d’air qu’il procure à des personnes souvent confinées dans leur quartier.
Si vous avez un jardin avec un arbre fruitier dont vous ne pouvez plus ramasser les fruits, nous pouvons organiser, avec un petit groupe, un temps de glanage de ces fruits et en partager la récolte avec vous. Même si cela ne représente que 3 ou 5 kg de fruits, c’est une autre occasion de participer à la diversification des denrées distribuées à l’Échoppe.
Stéphanie Lepicard, travailleuse sociale, chargée de missions opérationnelles, et Philippe Odier bénévole

