Financement participatif : la générosité citoyenne au secours des sans-abris

Le financement participatif permet à un ensemble de contributeurs de financer directement et de manière traçable un projet identifié, via une plateforme internet dédiée. Les initiatives solidaires sont nombreuses et nous vous rendons compte ici de deux projets concrets apportant des solutions d’hébergement à des personnes sans abri.

Les personnes en exil endurent de plus en plus de difficultés pour vivre en France, qu’elles soient en attente d’une procédure de demande d’asile ou d’un titre de séjour, et cela même si elles ont un emploi – souvent dans un métier en tension où leur rôle est indispensable – ou si elles sont inscrites dans une école ou une université en vue de s’intégrer professionnellement.

En France en 2024, plus d’un tiers des demandeurs d’asile (38,7 %) ne disposait ni de place en Centre d’accueil ni d’allocation.  Un chiffre qui est en forte progression depuis l’année précédente. Des personnes dont la procédure est en cours, mais qui n’ont ni un endroit où se tenir, ni un euro en poche pour se nourrir. 

Les services d’hébergement d’urgence sont saturés et beaucoup de personnes se retrouvent à la rue.

Des associations se démènent sur tout le territoire pour les aider et mettre fin à des situations de souffrance intolérables.

Parfois avec le soutien des communes pour la mise à disposition de locaux, elles essaient de remédier à la défaillance de l’État (pour les demandeurs d’asile notamment) et du Département (pour les mineurs, les femmes  et les familles avec enfants de moins de trois ans).

Grâce à la facilité d’usage des plateformes de financement participatif et à la force des réseaux citoyens, la générosité et l’engagement du public peuvent faire des miracles.

En avril 2025, nous avons relayé sur notre site le projet de l’association Passerelles, à Dieulefit dans la Drôme : acheter, restaurer et aménager une vieille maison de pays, la maison Lucette (du nom de sa dernière propriétaire) pour y créer 15 places d’hébergement pour des personnes en exil.

En neuf mois de campagne, Coop Lucette a levé 444 000 euros. 523 sociétaires ont pris des parts en s’engageant clairement pour l’accueil de personnes en exil à Dieulefit.

Le 15 juillet, la Coopérative Immobilière Coop Lucette a acheté la Maison Lucette, début d’une grande aventure collective.

Un immense merci à tous les contributeurs et contributrices !

Les travaux de sécurisation, nettoyage et rénovation ont commencé en septembre, sous forme de chantiers participatifs, et le permis de construire pour l’extension et la création de deux appartements au 3ème étage a été déposé début décembre.

En septembre, la Maison Lucette a ouvert ses portes à trois expositions, incluant le travail de deux artistes directement en lien avec la question migratoire. Ces trois week-ends ont permis à des centaines de personnes de s’approprier ce nouveau lieu en gestation sur le territoire.

Il reste encore 256 000 euros à trouver pour finaliser les travaux et ouvrir la maison. C’est une somme, mais l’association Passerelles, enthousiasmée par la formidable mobilisation citoyenne et médiatique, compte bien y arriver avant la fin de l’année ! 

Vous pouvez encore prendre des parts sociales sur www.coop-lucette.fr. La part coûte 100 euros, et chaque part compte ! 

En octobre 2025, c‘est le Habert Hébergement Saint-Paul qui a lancé son projet, beaucoup plus modeste, « Un toit, un avenir », en passant par l’association Les Petites Pierres, première plateforme de financement participatif solidaire dédiée au mal-logement. Pour chaque euro donné, les Petites Pierres ajoutent un euro.

Le projet était d’offrir un hébergement sécurisé et un accompagnement complet à dix jeunes exilés (entre 16 et 20 ans), sans représentant légal en France et en grande précarité, non pris en charge par l’aide sociale.

L’objectif est qu’ils puissent réussir une formation professionnelle (CAP ou Bac Pro), obtenir un statut administratif régulier et un emploi.

20 000 euros étaient nécessaires pour louer des appartements (T3/T4) pendant un an et couvrir les charges (chauffage, électricité, eau, assurances…).

L’objectif a été atteint dans un temps record ! 10 000 euros ont été collectés en quelques semaines grâce à 51 dons et les Petites Pierres ont doublé la mise. Le projet est donc financé. Les jeunes ont trouvé un toit !

Un grand merci aux donateurs et donatrices !

Les jeunes sont logés en colocation de 3-4 personnes (3 colocations) dans des logements diffus à Grenoble gérés par l’association. Ils sont tous scolarisés dans différents lycées professionnels de l’agglomération en CAP (plaquiste, peinture, cuisine, électricité).

Un certain nombre sont demandeurs d’asile en attente de la réponse de l’OFPRA, les autres sont dans l’attente d’un titre de séjour. L’accompagnement social global est assuré par une éducatrice de l’association qui s’assure de la vie dans le logement, de la santé, de la mise en place des droits, des demandes de titres de séjour et des démarches administratives.

Une goutte d’eau dans un océan de mal logement, mais, comme le note l’association Passerelles à Dieulefit :

Elisabeth Olléon, d’après les informations de Chloé Peytermann (Passerelles) et Yves Doin (Le Habert)

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