Le RAYON esope 38 a ouvert ses portes le 5 novembre 2024 à l’initiative de la Banque Alimentaire de l’Isère (BAI). Au bout de 8 mois de fonctionnement, cette épicerie solidaire, établie 11 rue Guétal, compte déjà 700 étudiantes et étudiants inscrits.
C’est un projet longuement muri de la Banque Alimentaire de l’Isère, motivé par la forte augmentation de la précarité dans la population étudiante. Selon une enquête de l’IFOP réalisée à la rentrée 2024, 36 % des étudiants en France déclarent sauter souvent ou de temps en temps un repas par manque d’argent, leur budget étant limité par l’augmentation du cout de la vie et en grande partie absorbé par le logement. Pour boucler la fin du mois, ils adaptent leur menus en réduisant les aliments frais, en rognant sur la variété ainsi que sur les portions.

Près de 18 % des étudiant.e.s auraient besoin d’aide alimentaire. Sur les quelque 70 000 étudiantes et étudiants grenoblois, cela pourrait représenter près de 12 000 jeunes en difficulté. Un vrai besoin donc, auquel répondent de leur mieux mais bien insuffisamment les associations existantes sur l’agglomération qui organisent des distributions alimentaires. L’Échoppe, par exemple, accueille jusqu’à une trentaine d’étudiant.e.s par semaine sur environ 200 parts distribuées.
Une épicerie solidaire étudiante, l’AGORAé, connait un grand succès sur le campus de St-Martin d’Hères, mais il manquait un lieu pour les étudiant.e.s des autres campus (médecine, presqu’île) et des écoles du centre-ville.
La BAI s’est inspirée du modèle de Clermont Ferrand, où la Banque Alimentaire Auvergne a lancé son ESOPE (Épicerie SOlidaire Pour Étudiants) en 2018 et accueille aujourd’hui près de 2700 étudiant.e.s.
Des financements de l’État, du Conseil Départemental de l’Isère, du CROUS, de l’Université Grenoble Alpes, de Grenoble Alpes Métropole et de la Fédération Française des Banques Alimentaires ont permis d’aménager le local, d’embaucher une responsable salariée et de lancer les inscriptions à l’automne 2024.
Un accès sur justificatifs de ressources pour des denrées à petits prix


À l’entrée, un bénévole vérifie l’inscription, car l’accès se fait sur dossier, grâce à un formulaire en ligne, avec justificatifs de ressources, de frais de scolarité et de loyer. L’inscription est acceptée si certains critères sont remplis. Les étudiant.e.s prennent rendez-vous avant de venir et sont admis par groupes de 10 à 15 sur un créneau, afin de pouvoir déambuler tranquillement entre les rayons.
Les étudiant.e.s peuvent dépenser jusqu’à 40 euros par mois (45 € à la rentrée prochaine), ce qui équivaut en moyenne à 300 € car les produits sont vendus entre 10 et 30 % de leur valeur marchande. Ils viennent au moins une fois par mois, parfois 4 ou 5 fois. Cela fait environ 250 passages par semaine, avec un panier moyen à 5,7 euros.

Les produits de base sont vendus à 10 % de leur valeur marchande, mais on ne peut pas faire de stocks !



Des produits variés et un succès garanti
La grande majorité des produits proviennent de la BAI, qui facture à l’épicerie la même participation de solidarité qu’aux autres épiceries sociales et associations s‘approvisionnant à la BAI. Il y a aussi quelques fournisseurs spécifiques, pour le poisson surgelé, par exemple, ainsi que les produits d’hygiène. L’épicerie reçoit également des dons, en provenance de collectes d’établissements scolaires ou de particuliers.
Après 8 mois, plus de 700 étudiantes et étudiants sont inscrits à l’année. L’objectif est d’atteindre 900 en fin d’année et 2000 en 2026. C’est le CROUS qui a diffusé l’information cet automne, et le bouche à oreille a fait le reste.
L’épicerie est ouverte du mardi au samedi sur des créneaux d’environ 3 heures, généralement en fin d’après-midi, et 4 heures le samedi en milieu de journée.
Elle a fortement réduit ses créneaux d’ouverture pour l’été car beaucoup d’étudiant.e.s sont en stage ou dans leur famille et les bénévoles disponibles sont plus rares. Elle sera d’ailleurs fermée trois semaines en aout.


Des fruits et légumes provenant de la BAI ou d’agriculteurs locaux.

Il y a même des étudiantes parmi les bénévoles !

Et on passe à la caisse, comme dans toute épicerie.
Un vrai rayon de soleil
L’épicerie fonctionne avec une responsable salariée et deux jeunes en service civique épaulés par une soixantaine de bénévoles qui viennent pour trois heures de permanence par semaine.
Patricia Galéa, la responsable de l’épicerie, a quitté le monde de l’entreprise et des ressources humaines pour rejoindre l’économie sociale et solidaire. Elle se réjouit de donner ici un sens à son travail.
« Ici, c’est un vrai de rayon de soleil, l’épicerie porte bien son nom ! Il y a de bonnes relations entre étudiants et bénévoles. »
« Il y a beaucoup de convivialité, avec des moments festifs : crêpes à la Chandeleur, petit jeux ou concours pour gagner un lot de chocolats par exemple. Tout le monde se sent bien ici. »

Une responsable sereine et une adhérente ravie !

À noter : une collecte spécifique pour le RAYON esope 38 aura lieu le samedi 13 septembre au magasin Leclerc Comboire et à Carrefour Meylan.
Élisabeth Olléon, représentant le Diaconat au CA de la Banque Alimentaire de l’Isère

