Des bénévoles engagés, des donateurs généreux: collecte réussie pour la Banque alimentaire

Ce n’est pas forcément agréable de piétiner pendant trois heures à l’entrée d’un supermarché, surtout en gardant bonnet et manteau parce que le chauffage est en panne… Interpeler des clients pressés pour les inciter à déposer des denrées dans un chariot n’est pas non plus une action que l’on ferait spontanément…

Mais les huit bénévoles de l’Échoppe l’ont fait, avec le sourire et la satisfaction de servir une bonne cause.

En 12 heures, près de 400 kg de marchandises ont été collectés dans ce petit Monoprix, 950 kg sur les deux jours – un résultat très correct vu l’emplacement et la taille du magasin.

En 2023, en Isère, ce sont près de 140 enseignes commerciales et 3 500 bénévoles qui ont participé à la collecte pour la BAI.

En plus des bénévoles des associations postés à l’entrée des grandes surfaces, ceux de la BAI ont sillonné Grenoble et tout le département pendant des heures, au volant de leur camion, pour approvisionner en flyers, récupérer au fur et à mesure les caisses remplies, puis les décharger à l’entrepôt de Sassenage.

Il a fallu ensuite tout trier pendant trois jours, avec un pic de 7 tonnes triées en une heure le samedi après-midi !

En valeur de marchandises, cela représente même une augmentation de 24 % ! Une grande surface de Meylan a battu le record cette année avec 40 % d’augmentation et 14 tonnes collectées !

Cet élan de générosité est bienvenu pour faire face à l’augmentation récente des bénéficiaires de l’aide alimentaire. En Isère, ce sont 10 000 bénéficiaires par semaine (contre 8 000 en 2022) qui sont approvisionnés par la BAI par l’intermédiaire d’une centaine d’associations et de CCAS, dont le Diaconat pour l’Échoppe.

Pour rappel, la collecte rapporte environ 10 % des produits distribués au cours de l’année aux associations et aux CCAS.

Les autres ressources de la BAI sont l’industrie agro-alimentaire, la grande distribution via la « ramasse » quotidienne, l’Union européenne via le FEAD (Fonds européen d’aide aux plus démunis), des aides de l’État via le PNAA (Programme national d’aide alimentaire) et les surplus de la restauration collective.

En effet, les politiques anti-gaspi permettant aux grandes enseignes de vendre jusqu’à la date de péremption ont fortement réduit la « ramasse » quotidienne (tout en étant bien évidemment très utiles pour les familles à revenus modestes). La quantité de lait collecté est également insuffisante pour garantir un litre par semaine et par bénéficiaire. Les industriels sont moins généreux et la BAI doit de plus en plus procéder à des achats, directement à des producteurs locaux en priorité, pour compenser la baisse des dons, ce qui va à l’encontre de son principe initial de gratuité.

À l’Échoppe, nous devons nous aussi recourir à des achats complémentaires pour compléter les colis, notamment en lait et produits frais. Le succès de cette collecte est donc une bonne nouvelle, y compris pour les bénéficiaires de l’Échoppe à qui nous espérons pouvoir distribuer des colis plus variés, et enfin du café avant Noël !

Élisabeth Olléon, représentant le Diaconat Protestant au CA de la BAI

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