Merci Claudine!!!
29 juin 2015
Lettre régionale FEP n°25 Juillet 2015
22 juillet 2015
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Communiqué du collectif Associations Unies Isère Alerte – 1er juillet 2015

L’hébergement d’urgence,
une question toujours sans réponse

La situation de l’hébergement des populations précaires a beaucoup évolué depuis le début de la période hivernale. La multiplicité des acteurs et l’absence de concertation rend l’analyse de la situation particulièrement complexe.

En novembre 2014, AUI-Alerte faisait le constat que sur 3800 personnes en situation précaire, environ 1500 n’avaient pas de proposition d’hébergement de la part de l’Etat. La Métro recensait environ 750 personnes dans les divers squats.

Actuellement, le CCAS identifie plus de 1050 personnes à la rue. Un hébergement partiel a été mis en place au Rondeau. Des squats sont progressivement expulsés, sans que des propositions de relogement soient faites.

Dans cette conjoncture, AUI-Alerte souhaite souligner l’incapacité des acteurs, en particulier de l’Etat, à trouver une solution satisfaisante et conforme au droit pour fermer le bidonville d’Esmonin, illustrant de manière implacable la faillite d’une politique.

L’Etat

Le 31 mars 2015, Madame Sylvia Pinel, ministre du Logement, annonce la pérennisation, avec accompagnement social, de 2 000 places hivernales. Le préfet de l’Isère déclare que le département bénéficierait de 200 places.

Le 2 avril, la Direction Départementale de la Cohésion Sociale lance un appel à projet, non pas pour 200 places, mais pour un budget de 501 000€.

Le 16 avril la DDCS annonce aux associations candidates que 65% des places seraient avec un accompagnement « allégé » à 12€/jour, et 35% avec un accompagnement « renforcé » à 17€/jour. Cela correspond à la création effective de 151 places temporaires, avec un financement assuré seulement jusqu’au 31 octobre 2015, pour un besoin supérieur à 1000.

La Mairie de Grenoble

La Mairie prend l’initiative de demander à l’Etat la mise en place d’une concertation de tous les acteurs. Si le dialogue avec le monde associatif et avec la Metro est positif ainsi que certains partenariats, cela est beaucoup moins clair avec l’Etat. Elle produit une réflexion sur un possible protocole permettant une pérennisation de l’hébergement d’urgence.

En décembre 2014, la Mairie met en place un dispositif d’hébergement d’urgence au Rondeau pour permettre le relogement de 150 personnes occupant le site de Verlaine avec accompagnement vers l’insertion. Ce dispositif bénéficie d’un soutien temporaire de l’Etat (57 personnes) et du Conseil général.

Le Conseil départemental

Le Conseil général participait à l’opération du Rondeau menée par la Mairie. Le 30 avril 2015, ce conseil devenu Conseil départemental annule la décision du 13 mars 2015 attribuant 93.000€ pour contribuer au projet d’hébergement de 150 personnes au Rondeau mené en partenariat avec la Mairie de Grenoble et la Metro.

AUI-Alerte

Le collectif Alerte-Isère s’indigne du désastre humain, social, sanitaire et financier et politique que constitue le rejet de ces populations précaires vers la marginalité. Il continue à identifier les besoins et à les communiquer. Il demande depuis plusieurs années la mise en place d’une concertation générale entre tous les acteurs. Il précise quelles sont les conditions minimales d’accueil et d’accompagnement social. Il rappelle la nécessité d’un engagement dans la durée.

A la date d’aujourd’hui, la situation est toujours aussi confuse. L’Etat se refuse à mettre en place un hébergement dans la continuité, seule solution permettant de favoriser l’insertion. D’années en années, la méthode ne change pas, le cycle se poursuit avec la mise en place d’un hébergement hivernal d’urgence qui est abandonné dès les beaux jours.

Des solutions sont cependant possibles. AUI-Alerte, en concertation avec la Fondation Abbé Pierre a fait des propositions.

–     Obtenir une concertation de tous les acteurs.

– Organiser un accueil transitoire dans plusieurs bâtiments existants, des terrains qui

doivent rester dignes, dans l’attente d’un habitat adapté.

– Enclencher une démarche du type « logement d’abord », actuellement en cours

d’évaluation.

Le Bidonville d’Esmonin

Le bidonville Esmonin (environ 400 personnes) s’étant développé de manière incontrôlée, avec tous les risques que cela comporte, la Mairie a été amenée à demander l’évacuation du terrain après un diagnostic social de manière à proposer un relogement.

Le 24 juin, la préfecture notifie à une grande majorité des habitants du bidonville Esmonin des Obligations de quitter le territoire, souvent sans délai.

Des habitants du bidonville Esmonin demandent qu’on mette à leur disposition un terrain pérenne et s’engagent à le maintenir en bon état, avec un nombre d’habitants limité. AUI-Alerte encourage ce type d’initiative expérimentée dans d’autres lieux.

AUI-Alerte affirme que des solutions concertées de logement pour tous, voire d’hébergement, doivent être mises en place lors de l’évacuation du bidonville Esmonin afin d’enrayer l’exclusion et la marginalisation de fait des étrangers en situation de grande précarité.

Associations Unies Isère Alerte : collectif des Associations de bénévoles contre l’exclusion – collectif Fnars – collectif Un Toit Pour Tous Secrétariat : Un Toit Pour Tous 17 B, Avenue Salvador Allende – 38130 ECHIROLLES – contact@untoitpourtous.org tél. 04.76.22.18.21

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